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Se convertir au bio

Laurette et Michel OLAGNOL (adhérents à l’association VBL du dépt 15

mardi 26 mai 2009, par Rainer Supan

« Biologique » vient du grec, bios (la vie) et logos (étude). Quand on a compris le sens de ce mot et surtout qu’on s’applique à le mettre en pratique, on n’invente rien en faisant de l’agriculture biologique.

Une exploitation agricole, disons plutôt une ferme, vu de l’extérieur c’est quelques hectares autour d’un bâtiment ; c’est aussi tout un environnement climatique, géologique et même social.

Avec un peu d’observation, il est intéressant de constater comment le « parcellaire » et l’habitat se sont mis en place selon les régions. L’homme n’a fait que s’adapter à son environnement en utilisant la topographie, les matériaux qui lui étaient offerts pour dessiner ses prés, ses champs, et construire ses maisons et granges. Les générations ont subsisté, certes avec l’angoisse d’une famine ou d’une épidémie, au milieu d’une grande diversité végétale et animale pour se nourrir et se soigner. Cette diversité a évolué au cours du temps. Ainsi, pour n’en citer que deux : le seigle venu des Pays de l’Est au 15ème siècle et la pomme de terre venue d’Amérique du Sud au 18ème siècle ont trouvé un terrain favorable et apporté une sécurité alimentaire dans bien des régions. Il en est de même pour les espèces animales avec des races bovines et ovines, notamment qui ont pris le nom des localités où leurs caractères ont été fixés.

Avec le développement de la rentabilité, le Paysan, devenu exploitant agricole, a perdu cette notion d’adaptation en voulant imposer, ou au moins intensifier, des productions orientées par le marché pour faire de la quantité au détriment de la qualité.

Faire du bio, pour le profane, c’est un peu vu comme un retour en arrière et pourquoi pas l’accompagner de la traction animale. On peut être respectueux de la terre sans se priver du matériel, tout en faisant le bon choix dans ses machines pour qu’elles ne deviennent pas une charge. Le soc, apparu au Moyen-âge, a été adopté à toutes les latitudes et altitudes. Il est considéré par des historiens comme la plus grande invention que l’humanité ait connue. Son utilisation a considérablement amélioré les rendements et réduit la pénibilité du travail.

L’expression « se convertir », comme « biologique » et beaucoup de mots de la langue française, a son origine dans le grec et veut dire littéralement « se tourner vers ». En se tournant vers son environnement, l’agriculteur abandonne ses idées reçues en terme de choix de production et de niveau de production pour se mettre à l’écoute de la nature. C’est une école d’humilité où l’homme va tendre à retrouver sa condition originelle qui consistait à « cultiver et garder le jardin » (1).

Loin de faire de la cueillette, l’agriculteur biologique se doit de cultiver la terre pour la rendre fertile et l’améliorer par des apports d’amendements qui proviennent pour l’essentiel des fumiers de son élevage. Sully, le ministre d’Henri IV, l’avait bien compris avec sa célèbre phrase « Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France ». En cultivant la terre dans ces conditions, le paysan la garde pour les générations à venir et a la satisfaction d’offrir aux consommateurs des produits de bonne qualité.

C’est avec cette conviction que nous nous sommes convertis au bio dans les années 1990, alors que seulement nos vaches de réformes, quelques veaux gras et une petite production de pommes de terre étaient valorisés en bio. Aujourd’hui, nous avons la satisfaction de voir tous nos produits entrés dans ce circuit.

Se convertir au bio, c’est se tourner à la fois vers la terre et vers le consommateur et, avec cette approche là, on devient le premier bénéficiaire de son choix.

1). Citation de la bible génèse 2-15

Cet article a été publié dans notre revue "La Voix Biolactée"

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